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REGISTRES D
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le plus souvent à leur perte de moictié du pris qui leur cousté, ou plus, sans leur estre loisible les transporter hors dud. païs, combien qu'il soit permis ausd. Anglois vendre en France les marchandises qu'ilz y menent de gré à gré, ainsi que bon leur semble, et en cela sont lesd. Anglois aussi libres en France que les propres subjeetz de France.
"Item, les marchans de Londres ont obtenu de la Royne d'Angleterre que nulle marchandise du creu du païs de Flandres ne pourra entrer aud. païs d'Angleterre, sinon venant par une ville nommée Emedain'2), en laquelle lesd. Anglois tralicquent maintenant; toutesfois aucuns François, soubz pretexte de la pacification avec lesd. Anglois, estimans negotier aud. païs d'Angleterre librement, comme lesd. Angloys font en France, y auroient mené certaines marchandises, entre lesquelles y en avoit du creu et manufacture des païs de Flandres, toutes lesquelles lesd. Anglois auroient arrestées et faict vendre, ainsi que bon leur a semblé, reservant les deniers entre leurs mains jusques à ce que la Royne en eust ordonné, qui sera fort à redire et au grand prejudice des François, tant pour raison que ne sont estimez ny venduz le tiers ou quarte partie de leur juste valleur, et retardement de leurs deniers, ostant ausd. François la liberté dud. commerce et trafficq de marchandise, qui est chose raisonnable, d'autant que lesd. Anglois peuvent amener en France non seullement marchandise de leurd, païs, mais toutes autres marchandises, de quelque païs, terre ou seigneurie que ce soit.
"Item, pendant et durant le temps que les Roys de France et d'Espagne ont eu guerre ensamble, lesd. Anglois faisoient le commerce de la marchandise de France pour amener en Flandres, Espagnes et autres païs; et semblablement de Flandres, Espagne et aultres' ramenoient telles sortes de marchandises que bon leur sembloit en ce royaulme librement.
"Item, et pour ce qu'il n'y a de present trafficq entre les Anglois et Flamens, iceulx Angloix font journellement de grands pillaiges par la mer sur les navires François -3', disant la marchandise appartenir aux Flamens, tellement que lesd. François sont contrainctz aller en Angleterre pour solliciter et faire apparoir que lesd, marchandises leur, appar-
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par lad. dame et son Conseil, lesquelles ont esté envoyées cy devant à la Magesté du Roy."
Sur ces remonstrances, Messieurs de la Ville ont faict responce au Roy, et ont envoyé les autres articles ensuivent, suppliant Sa Magesté vouloir traicter avec la Royne d'Angleterre pour l'abolition des subsides levez aud. royaulme.
Ensuict ce qu'il semble estre besoing amplifier au memoire envoyé par le Roy :
Amplification du memoire envoyé par le Roy. <t Les marchans Angloix de la ville de Londres ont une compagnie de marchans drappiers, appellée les Adventuriers, pour l'advantage de laquelle a esté faict une ordonnance par la Royne, contenant que tous estrangers, François ou aultres, ne pourront mener hors du royaulme d'Angleterre draps et ca-rezés'1) de la sorle et bonté de ceulx qui duisent pour le Païs Bas de Flandres, mais seullement draps au dessoubz de quatre livres sterlin la piece, qui est au grand prejudice du commerce des marchans François, lesquelz, après avoir vendu aud. païs ce qu'ilz y ont mené, ne peuvent rapporter argent, mais sont contrainctz emploier leurs deniers en marchandises, et sans la rigueur de lad. ordonnance des Avanturiers, pourroient emploier leursd, deniers pour faire le retour en achapt d'iceulx draps, et après les mener en Espagne, Ytallie, Allein aigne, Païs-Bas, la Barbarie et aultres lieux où ilz pourroient faire grand prouffict, et est rude d'avoir faict si rigoureuse ordonnance à l'encontre des François, attendu que lesd. Angloix ont toute liberté d'achepter en France et mener hors la part que bon leur semble toutes sortes de marchandises, et sans aucune exception.
"Item, aud. païs d'Angleterre, les marchans François qui y conduisent vins, bledz et aultres vivres, sont grandement interessez, grevez et molestez, pour ce que, arrivez au lieu où lesd, vivres sont conduictz par les marchans, ou bien que par inconvenient, tempeste, force de vens, tourmente ou aultrement sont contrainctz y prendre port, les maires et superieurs dud. lieu mectent par tel qu'il leur plaist sur lesd, vivres, tellement que lesd. François sont contrainctz les vendre pour led. pris, qui est
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(') Cariié ou cresé, drap ou serge qui se fabriquait en Angleterre. (Voir le Glossaire de La Curne-Sainte-Palaye.) !2) Embden, capitale de la Frise orientale, renommée par son port et son commerce étendu.
(3) Suivant des documents du British Museum, analysés par M. H. de la Ferrière (Le xvi' siècle et les Valois, p. 181), le 18 octobre 1564, l'agent anglais Smith fut reçu par la Reine Mère, et l'entretien ne porta que sur des questions de commerce, et de piraterie.
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